Sylvie
dimanche 21 décembre 2008
PALE D'AMOUR
Sylvie
RITUEL D'INHUMATION EN GAULE ROMAINE
UNE PETITE FLEUR DANS UNE PEAU DE ...
A suivre... rencontre improbable entre une vache bleue peinturlurée, et un homme radiotélécommandé... aux grandes antennes noires.
Quelque part en Allemagne, à siroter un vin blanc légèrement pétillant, en attendant que les cigognes repartent vers l'extrême sud, en attendant que je reparte aussi un peu au sud, moins loin cependant.
Sylvie
mercredi 17 décembre 2008
EAUX VAGABONDES
Mes rêves de nos alliances et des lianes que nous formons
Je cherche tes lèvres, le soir, ce soir, comme hier soir
Je cherche tes yeux ouverts dans le noir qui regardent mes soupires,
Je cherche ton souffle contre le mien, qui se mélange, qui augmente, qui entretient le mien
Je cherche tes mains, tes bras, ton torse et ton corps qui m'étreint.
J'espère ta chaleur et ton poids,
Je te matérialise, je te créé prés de moi, tu es là, je te sens, je te respire,
Je respire ton souffle, ta respiration, ton émotion, je vibre par toi.
S.R.
LUEUR DE NEIGE
Lueur de neige, petites pépites froides et blanches
Mes pas, mes jambes, depuis si longtemps n'avaient pas avancé ainsi.
Avancé dans le froid, dans la beauté blanche des Vosges
Une heure, une balade blanche, sans douleurs,
Simplement à vivre l'instant présent,
Étonnée, effrayée presque que marcher soit encore possible...
Tu m'as montré que c'était possible !
Je n'y croyais pas, je n'y pensais pas,
Je voulais essayer, pour toi, pour la beauté du monde
Pour que mes jambes avancent à nouveau
Sylvie R
NOS NUAGES BLANCS
Je veux encore poser mes pas, dans le présent, un peu dans l'avenir, pour grandir un peu, et prendre la main que tu me tends.
Sylvie R
mercredi 12 novembre 2008
GENOUX FLECHIS
J'espère, oui.
S.R.
REGARDE, LES MARTINETS SON REVENUS
jeudi 11 septembre 2008
IL ETAIT SANS BEAUTE
Il était sans beauté. Je ne parle pas de cette beauté qui réside dans la justice et la prudence ; ni de celle qui est dans l'esprit de l'homme, la mémoire, les sens, la vie végétative ; ni de celle qui brille au front des astres et pare leurs révolutions, ni de la beauté de la terre et de la mer, foisonnantes d'êtres vivants qui forment une suite continuelle de générations ; ni même de cette apparence de beauté dont s'ombragent les mensonges du vice.../...
Qu'y a-t-il de supérieur à vous ?La colère est en quête de vengeance. Qui se venge plus justement que vous ? La crainte, qui veille sur la sécurité des êtres chers, s'alarme des dangers insolites et soudain qui les menace. Mais pour vous, quoi d'insolite ?
Quoi de soudain ? Qui vous sépare de ce que vous aimez ?
Où trouver, sinon auprès de vous, une inébranlable sécurité ?
La tristesse se consume d'avoir perdu les biens dont se délectait la cupidité : car elle voudrait qu'on ne pût rien lui ravir, comme à vous".
Saint Augustin, Les confessions, chapitre VI
LATCHO DROM
une place dans le monde.
Quelques miettes éparses,
distillées à l'oreille,
vendues au vent, jetées aux chiens.
Le fleuve enfle et grandit et s'enfurieuse,
et coule sans cesse vers sa fin.
Vers sa mort, vers sa giclée finale,
vers sa réunion ultime,
avec la mer, l'océan, les grands fonds.
Les bas fonds....
Tes bas fonds,
tes peurs,
tes angoisses, tes cauchemars,
tes hystéries et tes obsessions.
La route coule comme le fleuve,
sinueuse, imprévue, étonnante.
S.R.
jeudi 4 septembre 2008
dimanche 31 août 2008
SOY LIBRE
Soy libre !
Unos ojos estoy viendo,
Por esos ojos me muero.
Soy libre ! Soy bueno !
Y puedo querer.
Ils ont un maître, on me l'a dit,
Mais je les aime, malgré lui.
Je suis libre ! Je suis bon !
Alors je peux aimer.
Quisiera cruzar el rio
Sin me sienta la arena.
Soy libre ! Soy bueno !
Y puede querer.
Mettre des fers au diable
Et des chaînes à l'amour.
Je suis libre ! Je suis bon !
Alors je peux aimer.
Atahualpa Yupanqui
APPARAIS
Aide-moi à exister
Aide-toi à exister
O inexistante par qui j'existe
O pressentie qui me pressens
Rêvée qui me rêve
Apparue disparue
Viens vole adviens éveille-toi
Romps les digues avance
Forêt de blancheurs
Marée d'armes blanches
Mer sans bride galopant dans la nuit
Etoile debout
Splendeur qui te cloues dans la poitrine
(Chante blessure ferme-toi bouche)
Apparais
Feuille en blanc tatouée d'automne
Astre aux lents mouvements de tigre
Eclair paresseux
Aigle fixe clignant
Tombe plume flèche parée tombe
Donne enfin l'heure de la rencontre
Horloge de Sang
Pierre de touche de cette vie.
Octavio Paz, Liberté sur Parole, Poésie / Gallimard
LES PIERRES SANS VISAGE
Comme le commencement de la Pierre
Comme le Commencement pierre contre pierre
Voici les fastes de la nuit :
Le poème encore sans visage
Le bois encore sans arbres
Les chants encore sans nom
A pas de léopard déjà c'est l'irription de la lumière
La parole se lève ondule tombe
Et c'est une grande blessure un silence sans tache.
Octavio Paz, Liberté sur parole, cahier "Condition de nuage", 1939, 1955
DEUX CORPS COTE A COTE
FORMATS EGAUX
Mimétisme des couples... des attitudes, des poses, des gestes. Deux corps se répondant, vibrant, à l'écoute. Une tache de sang écarlate grandi peu à peu teintant tes lèvres posées au bord de mon sein. La douceur de sa courbe te fait oublier un instant la douleur ressentie lorsque la lame s'est enfoncée profond dans tes entrailles. Tes yeux se sont figés sur mon sein rebondi et dressé aux cieux. Une main garde encore un peu de vie, cette vie qui te fuis à présent, tu caresses lentement ces seins tant convoités, objets de tes phantasmes, de tes désirs, de ta folie actuelle.
Je t'ai dis souvent de ne pas tout mélanger, le désir, les phantasmes et l'action.
Tu te meures sur mon sein, sur mon ventre vide de toi, tu te meures d'avoir eu trop envie.
Le sang coule de tes entrailles, comme mes entrailles aussi, ont saigné de toi.
Il s'épanche en longs flots de ton ventre entaillé, comme le flot d'un magma qui m'hypnotise.
Dans des convulsions intenses, le flot s'intensifiant, tu te noies dans la mare de ton sang qui enveloppe mon corps.
S.R.
samedi 30 août 2008
LE VOL ARRETE
L'aîné se nommera Alexeï. Aliocha, Aliochka, Aliochinka... Pas vraiment le choix là aussi !
Alexandre, ce sont les fils aînés de la branche aînée de la famille Terentiev... Depuis combien de générations y a-t-il des Alexandre ? 5, 6 ? De façon certaine, avant qu'ils ne quittent la Russie, l'Union Soviétique n'existait pas encore, la famille était entière, avec la même nationalité, le même passeport... Alors pour nous, fils aîné du cadet d'une fille (!) ce sera Alexeï...
Zaïtchik !
Quant à Vladimir... il devait être prédestiné à son prénom, Micha avait raison !
Vissotski continue... o tchitchornya
S.R.
lundi 18 août 2008
L'ECHELLE DU PARADIS
PONT ENTRE LES TERRES
A présent, et près de vingt après les premières évocations, le doute s'est installé.
Manque d'unité des deux rives, égoïsme exacerbés, territoires antagonistes et pourtant se répondant, vivant l'un pour l'autre, l'un avec l'autre.
Comment relier les deux rives d'un même cours d'eau ? On connaît la réponse.
La question à présent est plutôt "pourquoi relier les deux rives de ce même cours d'eau", séparant le sud et le nord d'un même territoire.
S.R.
LE BUT DU JEU
Sous un porche, sur une placette, en haut d'un promontoire, ils sont une dizaine, assis ou debout, depuis neuf heures du matin. Il mettent sur toile, sur une surface plane la dimension du monde qu'ils voient et interprètent. Il ne faut pas rechercher, surtout pas, la vérité dans ces taches de couleur posées là. Il ne faut jamais rechercher la vérité de la vie qui passe dans un tableau ou une photo. Tout n'est qu'interprétation, invention, pensées de l'artiste.
J'aime déambuler au hasard et saisir des instants, presque à l'arrachée, dans le plus pur incognito. Ces moments de vie pris sur le fil, m'instruisent et m'enrichissent. Impressions.
S.R.
DEMI LUNE
L'exposition de la Fondation Gianadda à Martigny (Suisse), à l'occasion du centenaire de la naissance de ce peintre est troublante, étonnante, elle interpelle.
Elle interpelle autant par le choix des sujets, leur représentation, que par les couleurs pastel, délavées, vues à travers un filtre, le filtre de notre conscience.
Dans Le Salon (II), réalisé en 1942, et normalement exposé au Museum of Modern Art New York, le peintre met en scène trois personnages : une jeune fille lisant un livre par terre, dans une position décidément inconfortable, un chat beige, presque blanc, qui observe le livre, et assise alanguie sur un divan, une deuxième jeune fille, le bras caressant le dos du divan, la tête rejetée en arrière, yeux parfaitement clos, dans une posture toute sensuelle et sexuelle.
La jeune fille à la jupe bleue, chemisier noir et petit boléro rouge, a les joues rouges, les jambes écartées, ou plus exactement, un pied sur le sol et l'autre relevé sur le divan. L'allusion est parfaite, bien que Balthus se soit défendu souvent de peindre de l'érotisme... "L'érotisme est dans l'oeil de celui qui regarde " a-t-il dit.
Ahmad Jamal égraine ses notes fluides et ses gestes précis sur le clavier...
Les jeunes filles de Balthus rêves de moments érotiques, nos yeux les perçoivent, le peintre lui, ne voulait saisir et restituer que "le caractère divin de la vie et du monde familier". L'amour, la sensualité, la jouissance, l'abandon, l'extase qui en résulte parfois, ne sont-ils pas justement, les parfaits moments de divinité accordé sur cette Terre ? Tout comme certains moments intenses et intemporels de la musique ? Celle d'Hamad Jamal, justement ?
S.R.
jeudi 7 août 2008
DEUX VERRES, LIT ENCORE FAIT,MAINS D'HOMME
Ton verre est presque vide, le mien est plein, je m'enivre plus vite que toi de ce Bourgogne... je ne me souviens plus du nom, tu me l'as dit au moins trois fois pourtant ! Je retiens rarement les noms des vins, je sais les aimer, les déguster, les goutter, les boire, et m'en enivrer, surtout en ta présence. Toi... tu es ce que l'on appelle, un " connaisseur " un amateur, un buveur raffiné, un vineur éclairé, un jouisseur de la vie ! Ta cave est remplie de bouteilles, quelques unes assez anciennes, et lorsque tu me reçois, ou lorsque nous partons, tu en sors toujours quelques unes de très appétissantes ! Rarement tu mets à côté de mes goûts !
Je me délecte de cet instant magique le soir, le soleil s'effondre dans le lac des Quatre Cantons... lumières pastels, mélanges de bleus et de verts " tes lunettes te permettent-elles de voir toutes les nuances de vert ?" Tu t'inquiètes de ma capacité à voir les couleurs, les mêmes couleurs que toi, de la même façon, en même temps.
Tu sais, que l'on ne voit jamais la même chose, au même instant, et on n'en garde jamais le même souvenir ?
Nos perceptions sont différentes, par définition. Nos vies, nos joies nos souffrances influent sur les perceptions du monde, sur les ressentis des tableaux qui prennent vie sous nos yeux, effrayés ou émerveillés. Etonnés, envieux, amoureux... ou je ne sais encore quoi.
Que ferons-nous après ces coupes partagées, ces quelques agapes....
Le lit sera défait, plus tard, seulement un peu plus tard.
Patience...
S.R.
samedi 19 juillet 2008
LES LIMITES A DEPASSER
CARAPACE D'ACIER
Sylvie R.
SOMNAMBULES D'AZOTE
Moi, j'attends dehors, je refuse de me laisser happer par ce vers sans fin, qui courre sur la France entière, deux rails parallèles, vifs et étincelant, brillants et brûlants. Je refuse, je ne poserai pas mon corps, je ne me coucherai pas auprès de lui, je sais trop la descente infernale dans des interrogations sans fin...
Je préfère rester à l'air libre, et attendre une aile blanche.
S.R.
L'AVENIR GOTHIQUE
lundi 14 juillet 2008
UNE VIERGE DE GLOIRE
S.R.
vendredi 4 juillet 2008
JE VOUDRAIS VOUS INVITER
- Ah ? Et bien ce n'est même pas la peine.
- Bon et bien ... au revoir !"
19 h 55, une petite rue d'Avignon... retour de l'inauguration du marché du Festival, allées de l'Oulle... j'ai bu un verre, retrouvé une amie, entendu un groupe de musique pathétique, il fait chaud mais pas trop. Un ciel bleu sublime, je viens de repasser les remparts par la poterne de l'Oratoire. Je marche simplement, un homme m'a abordé.
Je pensais qu'il voulait me demander son chemin, ou bien une cigarette, tout s'est passé très vite. Il était plutôt pas mal, un sac en cuir au côté droit, une chemise en lin blanche... Je l'ai à peine regardé, des yeux intenses, un joli sourire, j'ai filé, reprenant mon chemin, sans, surtout, me retourner. J'ai trouvé ça étrange, aborder une femme en pleine rue, je me suis demandée si c'était un challenge organisé avec des amis à lui : aborder le plus de femmes possible en un minimum de temps, en leur posant toujours la même question.
Peut être était-ce cela ? Pourtant il n'y avait quasiment personne dans cette rue, du moins, pas de complices possibles !
Sa phrase m'a marquée... je m'interroge.
"Escusez-moi monsieur.... comment dois-je faire pour vous proposer de boire un verre ?"
Pourtant cette question je l'ai répétée souvent dans ma tête, des dizaines de fois, peut être plus encore.
Un jour, enfin, un soir, je me suis lancée. Palais des Papes, les voeux du conseil général.
Je le vois, nous nous connaissons depuis longtemps, mais il est impossible pour moi de lui dire autre chose que des choses sérieuses.
J'attends, il est toujours en conversation, je le surveille discrètement, fais semblant de m'intéresser à une conversation impossible et vraiment insuportable avec un enmerdeur, qui, en apprenant mon métier, ne me lache plus depuis dix minutes !
Enfin il est seul, je marche le plus vite possible. Je m'approche, il m'a vue, il est presque là. Il prend un verre, je ne sais plus ce que je lui ai dit d'abord, qu'il était très occupé, qu'il n'avait pas de temps pour lui.
Puis je crois que je lui ai dit une chose totalement stupide. "Escusez-moi de vous déranger, je peux vous parler deux minutes ?"
Oui ... et après ?
S.R.
lundi 30 juin 2008
INITIATIONS DU SOIR
D'ailleurs, ici c'est connu, il fait toujours beau quand il faut, chaud quand on le désire, il ne pleut que l'hiver, surtout pas au printemps, à l'approche de l'été, et encore moins, l'été, lorsque des cohortes de nordistes ont planté leur piquets dans les champs de lavandin.
Les infos nationales vomissent leurs lots de désinformations sur les radios, ou sur la télé, on trie, on ne conserve que ce qui convient, ce qui ne dérange pas, ou bien, ce qui dérange, lorsqu'on l'a décidé ! Alleluya ! Le flot est avalé, digéré, comme paroles de Saint Jean, et nul ne remet en cause le discours officiel !
Idem avec la lavande qui est du lavandin, avec le ciel bleu bouffé par l'ozone, avec la sécheresse qui sévit, les problèmes de circulation, celui de l'eau...
Nous faisons part entière avec un territoire bénit des Dieux, ou plutôt, imaginé comme tel !
Pourtant...
S.R.
jeudi 26 juin 2008
UNE EMPREINTE
Ou une touche franche et nette, à la Mignard, pas le Romain, mais l'autre, son frère, un avignonnais de coeur et d'adoption. Toutes ses toiles illuminent les églises de la ville, et dans d'autres lieux encore.
Quant aux tubas, ils sont indispensables en cas d'apnée prolongée aux fonds des cieux, pour respirer de temps en temps, lorsqu'on remonte à la surface, si on remonte !
S.R.
DISPARITION
Poutrelles, poutres, planchers, bétons coulés, précontraints... le site de Pujaut résonne matin et soir, vrombissant et crachant ses particules élémentaires dans l'atmosphère, étourdissant les hommes et les volatiles de ses soubresauts. Un immense hangar long de plus de cent mètres, ouvert vers le sud, pour se protéger du Mistral qui souffle en boucle ici, au bord du Rhône. Ici la gueule de métal et de technique avance au pas, déversant sur des rails, du béton encore tendre et liquide, enserrant dans ses bras gris, de longs fils d'acier. Dans une progression impitoyable et
sûre, sous l'oeil de quelques ouvriers casqués de bleu roi, la chimère de notre temps vomit sans cesse ses coulées de lave froide.
Un homme bascule et tombe : un éclair est passé sur son regard de fonte. Pétrifié, vitrifié par la vision lumineuse de l'Homme Blanc à l'épée double, il vacille, il frémit.
Les mains jointes et croisées dans un dernier geste d'abandon, son corps s'enfonce dans la peau grise encore liquide qui l'engloutit peu à peu. Les yeux posés au ciel, il regarde l'Homme scintillant d'évidence et de blancheur, qu'il est le seul à percevoir.
Pas un mot, pas un son ne sort de sa bouche encore ouverte, soufflant son dernier phantasme et son dernier spasme.
La gueule vrombissante déverse encore le béton liquide et tendre, remplissant peu à peu l'espace où le corps a renoncé à se débattre. Enfermé, encagé, il est empli totalement, figé à jamais, seules ses mains gantées dans une dernière prière nous rappelle son existence.
S.R.
mercredi 25 juin 2008
POINT DE FUITE
Une bouteille a été posée le long de la berge cendrée, dans la lumière froide et rose du matin frémissant... ton cou et ton visage, posés sur l'oreiller... tu dormais encore, la bouteille posée, fermée, enserrant un simple mot, quelques notes lumineuses et tendres et ... douces, rien que pour toi, uniques et secrètes, comprises seulement de toi.
La bouteille posée le long du tumulte blanc et gris des eaux agitées du glacier, voulait partir et désirait rester encore, auprès de ton corps et se replonger dans tes bras, dans tes senteurs, dans ton odeur. Et puis, un petit mouvement, une vaguelette un peu plus affranchie et forte, emporte ce flacon des secrètes pensées... au loin... très loin.
Tu demandais si quelqu'un avait pensé un jour jeter une bouteille à la rivière... oui, à présent. Oui, cette bouteille s'est lancée, s'est dénouée, s'est muée, a connu mille rivages, mille soleil, mille vagues, milles espoirs, mille bonheur et descendant la rivière, est arrivée à une autre, suivant le fil du temps, suivant le fil de l'espoir et du bonheur promis tout au loin, à l'embouchure finale, qui ressemble tant à ton corps abandonné dans ses bras.
S.R.
lundi 23 juin 2008
VISION ALTEREE
Une image floue, au loin, à peine plus loin, accessible, statue encore inerte, qu'une seule main, une seule caresse, un regard donnerait le vertige et le souffle nécessaire à la reprise de la vie. Des interrogations, des incertitudes, des promesses, une fougueuse envie de réaprendre, de s'élancer, de partir, de croire et de croître.
"Etre libre ce n'est pas pouvoir faire ce que l'on veut mais c'est vouloir ce que l'on peut" Jean-Paul Sartre.
Entre deux images, l'une floue et l'autre nette, peut être la liberté n'est pas dans l'évidence de ce que l'on voit, mais dans l'espérance de ce que l'on sent, que l'on ressent, que l'on devine, et on espère... que l'on reconstruit aussi.
S.R.
mardi 17 juin 2008
CHANGEMENT DE TEMPS

Il y a fort longtemps à présent... presque vingt ans. Aujourd'hui un disque aussi ancien, de Baly, musicien réputé de Djanet, est passé sur France Inter ! Etonnant ! Rarissime !
J'ai lu il y a peu qu'il est mort, deux ou trois ans en arrière, et qu'un ami, un français avec lequel il jouait souvent, et avec lequel il avait enregistré des disques, venait de rééditer un disque.
Je pense que c'est justement celui qui est passé sur les ondes aujourd'hui : je connaissais cette chanson, qu'on écoutait souvent avec les amis de Tamanrasset ou de Djanet, Tamanrasset surtout, mon autre chez moi, mon autre horizon...
Je voudrais saluer Abdulaï, Ghabid, Abdelah, Mohamed, Boujema, Ahmed et tous les autres, qui m'ont accompagnée pendant toutes ces saisons de guidage et de découvertes, de partages, entre eux, moi et les "touristes " venus découvrir des petits bouts de désert...
DESERTS, justement....
Je n'oublie rien, je suis toujours le bruit de l'amzad le soir, sous les étoiles,
je suis toujours Ayor, lorsque la main du serpent avance, et que je me fais scorpione,
je suis encore Aminata, vibrant et respirant par la terre et les odeurs brutes du sang du sable et de la pierre.
C'est un signe pour un ami, qui aime lire mes mots et qui me verse aussi à boire sur son blog,
c'est un signe aussi pour un ami du nord.
S.R.
jeudi 12 juin 2008
ATHEISME DE MON SIECLE
"Une joie féroce me fait rester auprès de lui, il est de ma famille, et c'est pourquoi j'habite ici. Mais il se refuse à parler avec moi et me laisse dans un grand dénuement.Une odeur de bois brulé, d'herbe sèche et de marais dilate mes narines ; c'est l'Afrique, la nuit.
Que des hommes de théâtre montés sur quelque estrade acceptent de jouer devant ce qui peut être un auditoire maintenant en dit long sur leur vulgarité à tous ; je ne sais pas trop ce que je suis, mais lorsque le théâtre d'une époque n'est plus qu'une imposture, il se réfugie peut être entre les mains tremblantes d'un enfant.
Je traverse la cour, la marée montante des étoiles y répand sa lueur. L'aboi des chiens m'a éveillé, loin de toute idée relative à ce qu'il est convenu d'appeler l'identité personnelle.
Au tic-tac de l'horloge mon oncle clôt le secrétaire.
Il me hait, de la haine du Français face à l'indigène.
Je sors, libre, je fais ce que je veux.
Maintenant que tous les arts sont morts, un immense pouvoir s'éveille en moi après cet abandon et dans ma solitude. Pour moi qui suis né avec l'athéisme de mon siècle, cette histoire s'achève par un goût de l'agriculture et de l'astronomie". *
Lybie, le matin s'éveille, seule au sommet de ma dune, je contemple ces vagues parsemées de déchirements de pierre. Il est encore tôt, moment sublime où je m'appartient encore, je suis libre, mon corps s'élance en communion totale à l'univers qui s'éclaire à peine.
Le sable encore froid, coule sous mes pieds, masse mes orteils, dans une caresse sensuelle.
Le soleil pointe à l'Est, et s'élève peu à peu. Je lui offre une ode secrète, intime et sexuelle, une danse langoureuse en remerciement au Monde que je contemple chaque jour, chaque instant.
S.R.
* François Augiéras, Le voyage des morts, Les Cahiers Rouges, Grasset.
lundi 9 juin 2008
PERLE DES ILES MARQUISES
Je marche sur du cristal de Baccarat, prenant mille précautions pour ne pas me blesser et surout, ne pas écraser ce coeur en cristal ou en diamant brut des îles Marquises...
Je joue une partie de billard, où les boules sont des gouttelettes de sang, d'amour et de rires,
où une perle rare ondule entre les autres, fragile et belle, et sensuelle...
et j'y prends garde, et je la couve, comme une louve assoiffée, attendrie
voilà, je couve ma perle rare...
Je joue une partie de billard, où les boules sont des gouttelettes de sang, d'amour et de rires,
où une perle rare ondule entre les autres, fragile et belle, et sensuelle...
et j'y prends garde, et je la couve, comme une louve assoiffée, attendrie
voilà, je couve ma perle rare...
S.R.
mardi 3 juin 2008
L'HOMME EN NOIR
Il se souvient d'un soir, d'une nuit, d'un sourire, d'un mouvement de la main et du cil...
S.R.
FILE INDIENNE
Présentez... non, qu'ont-ils fait ? Qu'ont-il dit ? Je ne me souviens plus très bien, plutôt concentrée alors à regarder le balet des portes-drapeaux, des militaires alignés, des différents corps représentés, des garde-à-vous impeccables, des mines très sérieuses des uns et des autres, des confrères allant et venant, attendant les officiels venus déposer leur gerbe de fleur, dans une mine convenue...
En arrière du Monument aux Morts, se chauffant au soleil de cette mi-novembre, un homme est seul. Vétu de noir, le béret vissé sur la tête, une décoration au côté gauche, côté du coeur.
Absorbé dans ses pensées il semble ailleurs. A quoi pense-t-il, cet homme en noir ? Cet homme venu chercher le soleil du début de l'hiver, cet homme qui se dédouble et se réflète sur le mur de pierres blanches ? Seul, en retrait, loin des photographes, loin des officiels réunis pour présenter et représenter, loin de ces hommes en bleu ou noir, témoins contemporains de la continuité des combats toujours possibles.
A quoi pense-t-il ? Quels souvenirs l'assaillent ? Quels remords d'actes commis ? Quels regrets de ceux non commis ? A quoi pense l'homme, en ce 11 novembre, jour de souvenir, jour de la fin d'une guerre monstrueuse ?
S.R.
lundi 2 juin 2008
DIS MOI
L'ART DE LA RONDE
LE DEDAIN
De ce sang, de son sang versé pour la beauté du geste, pour la frénésie collective, pour la folie des hommes, criant, vosciférant, condamnant, supportant l'homme de l'arêne, l'homme seul au milieu du Monde, au milieu de la matrice de la mort.
Avance... avance ! ne te retourne pas ! avance et de ce coup d'épaule signifie à la bête, signifie à la bêtise humaine ta hauteur, ta supériorité, ta sensualité, ta perception du Monde.
Ne te laisse pas abattre, avance et mata le ! Avance et au dernier moment, à l'instant fatal, regarde aussi ses yeux, affronte ses pensées, son corps, sa masse, sa volonté et son instinct de vie !
S.R.
dimanche 1 juin 2008
4 POUR CENT
MADAME 5 POUR CENT
C'est à peu près - plutôt plus que moins -, la réponse donnée à la probabilité pour que l'eau arrive à s'écouler hors de ce réservoir... Je tiens d'ailleurs à signaler que ce réservoir en pierre, est situé à Glanum, près de Saint Rémy-de-Provence, dans les Bouches du Rhône, et qu'en définitive, après réflexion, le pourcentage diminue au fur et à mesure que le temps passe ! On approche plutôt à présent les 4 voire, les 3 %.
Comme il dirait, "Il faudrait que tu connaissent mes vraies motivations", je suis tout à fait d'accord, mais encore faudrait-il qu'enfin un jour il ait le courage de les lui dire, bien qu'elle ne se fasse à présent plus guère d'illusions ! Vivre avec des illusions et des espérances est une magnifique connerie, qui va tellement bien aux romantiques poussièreux, sentant la naphtaline, comme elle...
Je crois, point. (la virgule en supension ou le point virgule, n'étant ici pas de mise).
jeudi 22 mai 2008
CORPS CHANGEANT
Drôle d'impression que cette matière en fusion, qui rougeoie et explose, bouillonne à 1500 degrés, se liquéfiant peu à peu, changeant de matière.
Drôle d'impression que de créer une matière en mouvement, à partir d'une autre inerte.
Cette lumière est fascinante, impossible à regarder en face, les yeux brulent et larmoient.
On ne peut pas impunément regarder l'antre du Monde, la matrice, l'origine du Monde.
Elle brule les esprits et les corps, c'est une transgression d'un mystère de la création, d'une interrogation perpétuelle.
Cette matière mouvementée et bouillonnante va peu à peu s'écouler de la matrice créatrice, au bout de vingt-quatre heures. Elle coule en lentes rivières de lave écarlates et brulantes, dans d'inonbrables canaux, parcourant ainsi dans une discontinuité sans fin, des recoins inconnus.
Puis le verre liquéfié arrête bientôt sa course à mille degrés. Elle sort en pâte molle et visqueuse à travers des milliers de perforations microscopiques, pour finir enfin sa course en milliards de petits cheveux d'anges. Ces fils soyeux s'enroulent encore dans de grandes bobines couleur argent. Le fil est coupé, la fibre est créée.
S.R.
mercredi 21 mai 2008
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