jeudi 24 avril 2008

STATUES IMMOBILES

Musée d'Orsay... histoire de gare à nouveau, une gare peuplée de personnages immobiles, enfermés dans leurs cadres, ou figés dans le marbre et dans le bronze. La grande horloge ne tape plus ses heures ; la nuit, mes pas résonnent sur le sol de la gare désaffectée. Un corps, une main, des fesses bombées et rondes, un sexe figé qui ne bandera plus... un homme offert à tous mes désirs, mais qui regarde une autre femme, en face, elle aussi de marbre. Ses mains me font signe, ses pieds parfaits, minces m'invitent aux caresses. J'imagine y poser la main, y poser mes lèvres.
Je tourne autour de cet homme offert, nu, phantasme sur son dos, sur ses courbes, qui ,de sa nuque et de son cou, descendent en une longue virgule, jusqu'à son cul rebondi, ferme et musclé.
Les hommes ne savent pas assez à quel point les femmes les désirent, à quel point leur corps les fait phantasmer, et ouvre à toutes les folies, à toutes les caresses...
Les hommes ne savent pas assez combien leurs mains et leurs bras, et leurs épaules appellent nos regards...
Paris-Orsay, une gare, un train qui ne partira plus, des femmes et des hommes qui ne bougeront plus, et qui ne vivent que par le regard que nous, vivants, nous posons. Qui ne vivent que lorsque nos yeux les caressent, que lorsque nos sens s'éveillent, que lorsque notre émotion se met en branle, que lorsque notre imagination les transperce. Cimetière d'un peuple endormi, la Gare d'Orsay se referme le soir, rejetant ailleurs notre soif du beau... Pourquoi pas Florence ?

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Les hommes savent beaucoup de choses des femmes qui les regardent, les hommes ne sont dupes d'aucun stratagème, et surtout pas de cette petite pornographie bavarde et fidèle, bien installée dans le temps que les femmes s'inventent pour faire jolie. Les hommes ne savent rien du regard que quelques femmes posent sur leur nuque, ils s'inventent des histoires à dormir debout, que les femmes adorent, car elles auront ainsi d'adorables sujets de conversations. Les femmes c'est la même chose, mais à l'envers !

Anonyme a dit…

pensez-vous cher, que les hommes sachent tant de choses sur ce que les femmes pensent ? Et par les femmes, nous savons vous et moi, cher inconnu qui ne m'est pas inconnu... que je ne connais pas " les hommes " mais quelques rares que j'ai croisé dans mes pérégrinations amoureuses, et que vous ne connaissez pas " les femmes " mais quelques fées ou ogresses croisées au détour d'une passe, une margueritte, n'est-ce pas ? Quant à les femmes c'est la même chose mais à l'envers, peut être, mais pas tout à fait ! Je vous écouterai demain matin, tôt... en route vers d'autre écritures, moins libres et moins vagabondes.