vendredi 16 mai 2008

BULLES D'ESPRIT

De petites bulles sortent de mon esprit, partent et fument, explosent en milliers de couleurs tendres et vives, en milliers de picotements aigus et froids.
Picotements dans mes neurones, picotements dans ma tête, picotements dans tout mon corps, picotements dans mes entrailles et dans mon coeur.
Petites bulles rafraîchissantes, enivrantes, pimpantes et parfois drôles.
Petites bulles de lait trop tôt tiré de ses mamelles, bulles de sang, rouge feu, rouge criant, rouge damour, rouge du plaisir donné par d'autres petites bulles de sperme giclé, envoyé par ton corps au fond du mien. Petites bulles de larmes qui doucement s'écoulent, petites larmes qui sortent et rougissent mes yeux et couvrent mes joues, qui s'emparent de mon corps, s'emparent de mon être.
"La porte de tout conte est une femme", écrit Amin Zaoui (1),
et si la porte de tout conte, était un homme ?
Et si la porte de mon conte, éternellement, était un homme ?
Un homme changeant avec le temps, changeant au fil des rencontres, au fil des pas que je trace sur le sable...
J'ai longtemps tracé mon corps sur le sable de l'Afrique.
Tunisie, Algérie, Niger, Tchad, Lybie encore ou bien Egypte.
Mes pas ont traversé la mer, ont traversé les continents, éphémères empreintes laissées sur des centaines de routes et de chemins, tracés par moi, de façon toute éphémère.
Mes pas dans ce sable qui coule, ne laissent pas de traces. Mes pas s'envolent déjà, dès le vent qui se lève. Mes pas sont mêlés dans les pas d'autres voyageurs, qui me suivaient sans cesse... tout le temps, sans répit aucun.
Mes pas se tracent ici à présent, dans le sud de la France. Mes pas ne marquent plus dans le sable doré et chaud, sensuel et doux. Mes pas ne marquent plus la porte de mes contes.
S.R.
(1) "Sommeil du mimosa", Le Serpent à Plumes, 1998

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