lundi 30 juin 2008

INITIATIONS DU SOIR

Gargas, Vaucluse, un oeil de boeuf posé sur une façade chaulée. Par la trouée, le Luberon se détache à peine, en cette dernière journée avant la prise de la présidence de la France de l'Union Européenne. Chaleur, oppression, journée pesante, alerte à l'ozone sur le département, personne n'en parle à la radio nationale, il ne faut surtout pas affoler le touriste en partance, qui a déjà fait ses bagages, et se prépare à se déverser sur les routes, cap "Grand Sud".
D'ailleurs, ici c'est connu, il fait toujours beau quand il faut, chaud quand on le désire, il ne pleut que l'hiver, surtout pas au printemps, à l'approche de l'été, et encore moins, l'été, lorsque des cohortes de nordistes ont planté leur piquets dans les champs de lavandin.
Les infos nationales vomissent leurs lots de désinformations sur les radios, ou sur la télé, on trie, on ne conserve que ce qui convient, ce qui ne dérange pas, ou bien, ce qui dérange, lorsqu'on l'a décidé ! Alleluya ! Le flot est avalé, digéré, comme paroles de Saint Jean, et nul ne remet en cause le discours officiel !
Idem avec la lavande qui est du lavandin, avec le ciel bleu bouffé par l'ozone, avec la sécheresse qui sévit, les problèmes de circulation, celui de l'eau...
Nous faisons part entière avec un territoire bénit des Dieux, ou plutôt, imaginé comme tel !
Pourtant...
S.R.

DES BULLES D'OXYGENE

Une petite bulle d'oxygène...
S.R.

jeudi 26 juin 2008

UNE EMPREINTE

En attente de plus... en attente de trouver un tubas, les soldes commencent, en Vaucluse, la semaine prochaine ! Haro sur les tubas, les palmes et les masques ; important, les masques pour y voir clair, sur terre comme sous l'eau. Je vous recommande les masques brun-argent, avec un petit rehaut à la Philippe... de... Champaigne !
Ou une touche franche et nette, à la Mignard, pas le Romain, mais l'autre, son frère, un avignonnais de coeur et d'adoption. Toutes ses toiles illuminent les églises de la ville, et dans d'autres lieux encore.
Quant aux tubas, ils sont indispensables en cas d'apnée prolongée aux fonds des cieux, pour respirer de temps en temps, lorsqu'on remonte à la surface, si on remonte !

S.R.

DISPARITION

Usine, Gard, bétons, ferrailles.
Poutrelles, poutres, planchers, bétons coulés, précontraints... le site de Pujaut résonne matin et soir, vrombissant et crachant ses particules élémentaires dans l'atmosphère, étourdissant les hommes et les volatiles de ses soubresauts. Un immense hangar long de plus de cent mètres, ouvert vers le sud, pour se protéger du Mistral qui souffle en boucle ici, au bord du Rhône. Ici la gueule de métal et de technique avance au pas, déversant sur des rails, du béton encore tendre et liquide, enserrant dans ses bras gris, de longs fils d'acier. Dans une progression impitoyable et
sûre, sous l'oeil de quelques ouvriers casqués de bleu roi, la chimère de notre temps vomit sans cesse ses coulées de lave froide.
Un homme bascule et tombe : un éclair est passé sur son regard de fonte. Pétrifié, vitrifié par la vision lumineuse de l'Homme Blanc à l'épée double, il vacille, il frémit.
Les mains jointes et croisées dans un dernier geste d'abandon, son corps s'enfonce dans la peau grise encore liquide qui l'engloutit peu à peu. Les yeux posés au ciel, il regarde l'Homme scintillant d'évidence et de blancheur, qu'il est le seul à percevoir.
Pas un mot, pas un son ne sort de sa bouche encore ouverte, soufflant son dernier phantasme et son dernier spasme.
La gueule vrombissante déverse encore le béton liquide et tendre, remplissant peu à peu l'espace où le corps a renoncé à se débattre. Enfermé, encagé, il est empli totalement, figé à jamais, seules ses mains gantées dans une dernière prière nous rappelle son existence.
S.R.

mercredi 25 juin 2008

POINT DE FUITE

Vacances abandonnées, jetées à la rivière, une bouteille (en verre, ou en plastique ? ) flotte, et se balance, descendant le flot agité de l'Arve, scintillant de milles revêtements de silice, et de diamants arrachés à ton souffle.
Une bouteille a été posée le long de la berge cendrée, dans la lumière froide et rose du matin frémissant... ton cou et ton visage, posés sur l'oreiller... tu dormais encore, la bouteille posée, fermée, enserrant un simple mot, quelques notes lumineuses et tendres et ... douces, rien que pour toi, uniques et secrètes, comprises seulement de toi.
La bouteille posée le long du tumulte blanc et gris des eaux agitées du glacier, voulait partir et désirait rester encore, auprès de ton corps et se replonger dans tes bras, dans tes senteurs, dans ton odeur. Et puis, un petit mouvement, une vaguelette un peu plus affranchie et forte, emporte ce flacon des secrètes pensées... au loin... très loin.
Tu demandais si quelqu'un avait pensé un jour jeter une bouteille à la rivière... oui, à présent. Oui, cette bouteille s'est lancée, s'est dénouée, s'est muée, a connu mille rivages, mille soleil, mille vagues, milles espoirs, mille bonheur et descendant la rivière, est arrivée à une autre, suivant le fil du temps, suivant le fil de l'espoir et du bonheur promis tout au loin, à l'embouchure finale, qui ressemble tant à ton corps abandonné dans ses bras.
S.R.

lundi 23 juin 2008

VISION ALTEREE

Entre deux images, une floue l'autre nette, laquelle choisir ? Aller au plus simple au plus sûr, en connaissant les pourtours, les contours, les lignes et les courbes, les couleurs, les alliances, les formes et les odeurs. En connaissant toute la grille, grille de plus en plus séparatrice des corps et des esprits, grilles d'enfermement, grilles qui emprisonnent les élans et les envies, la réalisation de soi, de l'autre.
Une image floue, au loin, à peine plus loin, accessible, statue encore inerte, qu'une seule main, une seule caresse, un regard donnerait le vertige et le souffle nécessaire à la reprise de la vie. Des interrogations, des incertitudes, des promesses, une fougueuse envie de réaprendre, de s'élancer, de partir, de croire et de croître.
"Etre libre ce n'est pas pouvoir faire ce que l'on veut mais c'est vouloir ce que l'on peut" Jean-Paul Sartre.
Entre deux images, l'une floue et l'autre nette, peut être la liberté n'est pas dans l'évidence de ce que l'on voit, mais dans l'espérance de ce que l'on sent, que l'on ressent, que l'on devine, et on espère... que l'on reconstruit aussi.
S.R.

mardi 17 juin 2008

CHANGEMENT DE TEMPS


Il y a fort longtemps à présent... presque vingt ans. Aujourd'hui un disque aussi ancien, de Baly, musicien réputé de Djanet, est passé sur France Inter ! Etonnant ! Rarissime !
J'ai lu il y a peu qu'il est mort, deux ou trois ans en arrière, et qu'un ami, un français avec lequel il jouait souvent, et avec lequel il avait enregistré des disques, venait de rééditer un disque.
Je pense que c'est justement celui qui est passé sur les ondes aujourd'hui : je connaissais cette chanson, qu'on écoutait souvent avec les amis de Tamanrasset ou de Djanet, Tamanrasset surtout, mon autre chez moi, mon autre horizon...
Je voudrais saluer Abdulaï, Ghabid, Abdelah, Mohamed, Boujema, Ahmed et tous les autres, qui m'ont accompagnée pendant toutes ces saisons de guidage et de découvertes, de partages, entre eux, moi et les "touristes " venus découvrir des petits bouts de désert...
DESERTS, justement....
Je n'oublie rien, je suis toujours le bruit de l'amzad le soir, sous les étoiles,
je suis toujours Ayor, lorsque la main du serpent avance, et que je me fais scorpione,
je suis encore Aminata, vibrant et respirant par la terre et les odeurs brutes du sang du sable et de la pierre.
C'est un signe pour un ami, qui aime lire mes mots et qui me verse aussi à boire sur son blog,
c'est un signe aussi pour un ami du nord.
S.R.

jeudi 12 juin 2008

ATHEISME DE MON SIECLE

"Une joie féroce me fait rester auprès de lui, il est de ma famille, et c'est pourquoi j'habite ici. Mais il se refuse à parler avec moi et me laisse dans un grand dénuement.
Une odeur de bois brulé, d'herbe sèche et de marais dilate mes narines ; c'est l'Afrique, la nuit.
Que des hommes de théâtre montés sur quelque estrade acceptent de jouer devant ce qui peut être un auditoire maintenant en dit long sur leur vulgarité à tous ; je ne sais pas trop ce que je suis, mais lorsque le théâtre d'une époque n'est plus qu'une imposture, il se réfugie peut être entre les mains tremblantes d'un enfant.
Je traverse la cour, la marée montante des étoiles y répand sa lueur. L'aboi des chiens m'a éveillé, loin de toute idée relative à ce qu'il est convenu d'appeler l'identité personnelle.
Au tic-tac de l'horloge mon oncle clôt le secrétaire.
Il me hait, de la haine du Français face à l'indigène.
Je sors, libre, je fais ce que je veux.

Maintenant que tous les arts sont morts, un immense pouvoir s'éveille en moi après cet abandon et dans ma solitude. Pour moi qui suis né avec l'athéisme de mon siècle, cette histoire s'achève par un goût de l'agriculture et de l'astronomie". *
Lybie, le matin s'éveille, seule au sommet de ma dune, je contemple ces vagues parsemées de déchirements de pierre. Il est encore tôt, moment sublime où je m'appartient encore, je suis libre, mon corps s'élance en communion totale à l'univers qui s'éclaire à peine.
Le sable encore froid, coule sous mes pieds, masse mes orteils, dans une caresse sensuelle.
Le soleil pointe à l'Est, et s'élève peu à peu. Je lui offre une ode secrète, intime et sexuelle, une danse langoureuse en remerciement au Monde que je contemple chaque jour, chaque instant.

S.R.
* François Augiéras, Le voyage des morts, Les Cahiers Rouges, Grasset.

lundi 9 juin 2008

PERLE DES ILES MARQUISES


Je marche sur du cristal de Baccarat, prenant mille précautions pour ne pas me blesser et surout, ne pas écraser ce coeur en cristal ou en diamant brut des îles Marquises...
Je joue une partie de billard, où les boules sont des gouttelettes de sang, d'amour et de rires,
où une perle rare ondule entre les autres, fragile et belle, et sensuelle...
et j'y prends garde, et je la couve, comme une louve assoiffée, attendrie
voilà, je couve ma perle rare...
S.R.

mardi 3 juin 2008

L'HOMME EN NOIR

L'homme en noir au regard silencieux, son double parle et chuchotte les mots fous et doux de l'amour oublié. Fermant les yeux, clignant du coeur, gants blanc pour les fleurs de la belle endormie dans un autre monde si loin à présent. Son souvenir revit, son corps rejaillit du fond de la mémoire, sa peau d'une sensualité d'un lac de montagne, abreuve ses désirs...
Il se souvient d'un soir, d'une nuit, d'un sourire, d'un mouvement de la main et du cil...
S.R.

FILE INDIENNE

Après la lutte à mort du toro contre son matador, une autre lutte, en file indienne...un jour de souvenirs, place du Palais, Avignon. Ils ne sont pas très pressés, ni stressés d'ailleurs. Ils ont fait leur devoir, représenter la France, alignés, droits, concentrés et muets. Ecoutant le discours officiel, la lecture un peu poussive du Préfet de la place.
Présentez... non, qu'ont-ils fait ? Qu'ont-il dit ? Je ne me souviens plus très bien, plutôt concentrée alors à regarder le balet des portes-drapeaux, des militaires alignés, des différents corps représentés, des garde-à-vous impeccables, des mines très sérieuses des uns et des autres, des confrères allant et venant, attendant les officiels venus déposer leur gerbe de fleur, dans une mine convenue...
En arrière du Monument aux Morts, se chauffant au soleil de cette mi-novembre, un homme est seul. Vétu de noir, le béret vissé sur la tête, une décoration au côté gauche, côté du coeur.
Absorbé dans ses pensées il semble ailleurs. A quoi pense-t-il, cet homme en noir ? Cet homme venu chercher le soleil du début de l'hiver, cet homme qui se dédouble et se réflète sur le mur de pierres blanches ? Seul, en retrait, loin des photographes, loin des officiels réunis pour présenter et représenter, loin de ces hommes en bleu ou noir, témoins contemporains de la continuité des combats toujours possibles.
A quoi pense-t-il ? Quels souvenirs l'assaillent ? Quels remords d'actes commis ? Quels regrets de ceux non commis ? A quoi pense l'homme, en ce 11 novembre, jour de souvenir, jour de la fin d'une guerre monstrueuse ?

S.R.

lundi 2 juin 2008

DIS MOI

Plaie ouverte et saignante. Grimaces du corps, tressaillements des entrailles, chuchotement de l'âme.
S.R

L'ART DE LA RONDE

Art baroque, de la courbe autour du corps, danse sensuelle et essentielle, entre l'homme et la bête, danse pour la vie ou la mort. En attente...

S.R.

LE DEDAIN

Quel geste ! Tu te détournes, tu avances, droit, fier, intouchable, inabordable, sans même te soucier de cette bête qui t'a combattu, qui t'a amené au bout de toi même, t'a mis en danger, ses cornes acérées, sa puissance transcendée... Ta lame touche presque le sol, ta lame caresse l'arêne, ta lame ensemence le ciel de sa gerbe rouge sang !
De ce sang, de son sang versé pour la beauté du geste, pour la frénésie collective, pour la folie des hommes, criant, vosciférant, condamnant, supportant l'homme de l'arêne, l'homme seul au milieu du Monde, au milieu de la matrice de la mort.
Avance... avance ! ne te retourne pas ! avance et de ce coup d'épaule signifie à la bête, signifie à la bêtise humaine ta hauteur, ta supériorité, ta sensualité, ta perception du Monde.
Ne te laisse pas abattre, avance et mata le ! Avance et au dernier moment, à l'instant fatal, regarde aussi ses yeux, affronte ses pensées, son corps, sa masse, sa volonté et son instinct de vie !
S.R.

dimanche 1 juin 2008

4 POUR CENT

Une tortue plonge dans la mer bleutée... loin des ondes et des vagues affolées, loin de l'agitation des fonds incertains.
S.R.

MADAME 5 POUR CENT


C'est à peu près - plutôt plus que moins -, la réponse donnée à la probabilité pour que l'eau arrive à s'écouler hors de ce réservoir... Je tiens d'ailleurs à signaler que ce réservoir en pierre, est situé à Glanum, près de Saint Rémy-de-Provence, dans les Bouches du Rhône, et qu'en définitive, après réflexion, le pourcentage diminue au fur et à mesure que le temps passe ! On approche plutôt à présent les 4 voire, les 3 %.
Comme il dirait, "Il faudrait que tu connaissent mes vraies motivations", je suis tout à fait d'accord, mais encore faudrait-il qu'enfin un jour il ait le courage de les lui dire, bien qu'elle ne se fasse à présent plus guère d'illusions ! Vivre avec des illusions et des espérances est une magnifique connerie, qui va tellement bien aux romantiques poussièreux, sentant la naphtaline, comme elle...
Je crois, point. (la virgule en supension ou le point virgule, n'étant ici pas de mise).