lundi 2 juin 2008

LE DEDAIN

Quel geste ! Tu te détournes, tu avances, droit, fier, intouchable, inabordable, sans même te soucier de cette bête qui t'a combattu, qui t'a amené au bout de toi même, t'a mis en danger, ses cornes acérées, sa puissance transcendée... Ta lame touche presque le sol, ta lame caresse l'arêne, ta lame ensemence le ciel de sa gerbe rouge sang !
De ce sang, de son sang versé pour la beauté du geste, pour la frénésie collective, pour la folie des hommes, criant, vosciférant, condamnant, supportant l'homme de l'arêne, l'homme seul au milieu du Monde, au milieu de la matrice de la mort.
Avance... avance ! ne te retourne pas ! avance et de ce coup d'épaule signifie à la bête, signifie à la bêtise humaine ta hauteur, ta supériorité, ta sensualité, ta perception du Monde.
Ne te laisse pas abattre, avance et mata le ! Avance et au dernier moment, à l'instant fatal, regarde aussi ses yeux, affronte ses pensées, son corps, sa masse, sa volonté et son instinct de vie !
S.R.

Aucun commentaire: