samedi 19 juillet 2008

LES LIMITES A DEPASSER

Je pars "je, je, je" patiner sur la Barthelasse, voir justement, si un train ou une péniche, peut en cacher un e, autre. Certainement.
Sylvie R.

CARAPACE D'ACIER

Finalement, j'ai passé la porte, j'ai tenté l'expérience, suivant les deux marcheurs sous azote liquide, je me suis engouffrée à leur suite, et là.... il faisait bleu, il faisait éclatant, des lignes horizontales, verticales et obliques me montraient la direction. Ce n'était pas mon enfer tant angoissé, tant redouté. Je pouvais chercher ma propre voix, ma propre solution... pas pire finalement qu'à l'extérieur ! Toujours autant déroutant, autant d'incertitudes, autant d'envie d'arrêter ou de continuer ce qui ne sert à rien, car toujours autant persuadée que tout cela n'est qu'éphémère, et ne sert qu'à écouler le temps.
Sylvie R.

SOMNAMBULES D'AZOTE

Deux somnambules shootés à l'azote liquide, désespérément se jettent dans l'antre gris et blanc, gueule ouverte du Léviathan, avalant nos diableries, nos abominations.
Moi, j'attends dehors, je refuse de me laisser happer par ce vers sans fin, qui courre sur la France entière, deux rails parallèles, vifs et étincelant, brillants et brûlants. Je refuse, je ne poserai pas mon corps, je ne me coucherai pas auprès de lui, je sais trop la descente infernale dans des interrogations sans fin...
Je préfère rester à l'air libre, et attendre une aile blanche.
S.R.

L'AVENIR GOTHIQUE

Je me suis soudain jetée à plat ventre.... tremblant devant ce monstre de béton et d'acier. Et j'attendis dans une terreur sans nom, qu'un ange patinant à toute allure vienne me prendre par la main, et me délivre de toutes mes peurs et de tous mes désirs.
S.R.

lundi 14 juillet 2008

UNE VIERGE DE GLOIRE

Une vierge de gloire en ce jour de défilés ! Pour racheter la folie des hommes qui se préparent à faire la guerre, même si on nous dit qu'ils maintiennent la paix... si la paix n'est plus la paix, c'est qu'il y a des hommes assez fous et prétentieux pour se battre et se haïr, et qui n'ont rien compris au Monde ! Alors une femme parmi tant d'autres femmes pourra peut être apporter par ses pensées de pierre, l'apaisement, la douceur et l'indulgence... on peut encore rêver !
S.R.

vendredi 4 juillet 2008

JE VOUDRAIS VOUS INVITER

- Escusez-moi. Je voudrais vous demander, comment on doit s'y prendre pour vous inviter ?
- Ah ? Et bien ce n'est même pas la peine.
- Bon et bien ... au revoir !"
19 h 55, une petite rue d'Avignon... retour de l'inauguration du marché du Festival, allées de l'Oulle... j'ai bu un verre, retrouvé une amie, entendu un groupe de musique pathétique, il fait chaud mais pas trop. Un ciel bleu sublime, je viens de repasser les remparts par la poterne de l'Oratoire. Je marche simplement, un homme m'a abordé.
Je pensais qu'il voulait me demander son chemin, ou bien une cigarette, tout s'est passé très vite. Il était plutôt pas mal, un sac en cuir au côté droit, une chemise en lin blanche... Je l'ai à peine regardé, des yeux intenses, un joli sourire, j'ai filé, reprenant mon chemin, sans, surtout, me retourner. J'ai trouvé ça étrange, aborder une femme en pleine rue, je me suis demandée si c'était un challenge organisé avec des amis à lui : aborder le plus de femmes possible en un minimum de temps, en leur posant toujours la même question.
Peut être était-ce cela ? Pourtant il n'y avait quasiment personne dans cette rue, du moins, pas de complices possibles !
Sa phrase m'a marquée... je m'interroge.

"Escusez-moi monsieur.... comment dois-je faire pour vous proposer de boire un verre ?"
Pourtant cette question je l'ai répétée souvent dans ma tête, des dizaines de fois, peut être plus encore.
Un jour, enfin, un soir, je me suis lancée. Palais des Papes, les voeux du conseil général.
Je le vois, nous nous connaissons depuis longtemps, mais il est impossible pour moi de lui dire autre chose que des choses sérieuses.
J'attends, il est toujours en conversation, je le surveille discrètement, fais semblant de m'intéresser à une conversation impossible et vraiment insuportable avec un enmerdeur, qui, en apprenant mon métier, ne me lache plus depuis dix minutes !
Enfin il est seul, je marche le plus vite possible. Je m'approche, il m'a vue, il est presque là. Il prend un verre, je ne sais plus ce que je lui ai dit d'abord, qu'il était très occupé, qu'il n'avait pas de temps pour lui.
Puis je crois que je lui ai dit une chose totalement stupide. "Escusez-moi de vous déranger, je peux vous parler deux minutes ?"
Oui ... et après ?
S.R.