vendredi 4 juillet 2008

JE VOUDRAIS VOUS INVITER

- Escusez-moi. Je voudrais vous demander, comment on doit s'y prendre pour vous inviter ?
- Ah ? Et bien ce n'est même pas la peine.
- Bon et bien ... au revoir !"
19 h 55, une petite rue d'Avignon... retour de l'inauguration du marché du Festival, allées de l'Oulle... j'ai bu un verre, retrouvé une amie, entendu un groupe de musique pathétique, il fait chaud mais pas trop. Un ciel bleu sublime, je viens de repasser les remparts par la poterne de l'Oratoire. Je marche simplement, un homme m'a abordé.
Je pensais qu'il voulait me demander son chemin, ou bien une cigarette, tout s'est passé très vite. Il était plutôt pas mal, un sac en cuir au côté droit, une chemise en lin blanche... Je l'ai à peine regardé, des yeux intenses, un joli sourire, j'ai filé, reprenant mon chemin, sans, surtout, me retourner. J'ai trouvé ça étrange, aborder une femme en pleine rue, je me suis demandée si c'était un challenge organisé avec des amis à lui : aborder le plus de femmes possible en un minimum de temps, en leur posant toujours la même question.
Peut être était-ce cela ? Pourtant il n'y avait quasiment personne dans cette rue, du moins, pas de complices possibles !
Sa phrase m'a marquée... je m'interroge.

"Escusez-moi monsieur.... comment dois-je faire pour vous proposer de boire un verre ?"
Pourtant cette question je l'ai répétée souvent dans ma tête, des dizaines de fois, peut être plus encore.
Un jour, enfin, un soir, je me suis lancée. Palais des Papes, les voeux du conseil général.
Je le vois, nous nous connaissons depuis longtemps, mais il est impossible pour moi de lui dire autre chose que des choses sérieuses.
J'attends, il est toujours en conversation, je le surveille discrètement, fais semblant de m'intéresser à une conversation impossible et vraiment insuportable avec un enmerdeur, qui, en apprenant mon métier, ne me lache plus depuis dix minutes !
Enfin il est seul, je marche le plus vite possible. Je m'approche, il m'a vue, il est presque là. Il prend un verre, je ne sais plus ce que je lui ai dit d'abord, qu'il était très occupé, qu'il n'avait pas de temps pour lui.
Puis je crois que je lui ai dit une chose totalement stupide. "Escusez-moi de vous déranger, je peux vous parler deux minutes ?"
Oui ... et après ?
S.R.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

beaucoup appris

REGARD DU TEMPS a dit…

qui ? tiens, quelqu'un viens encore voir ce blog abandonné, que je réactive à peine ce soir, cette nuit. C'est amusant de lire plus d'une après, ce que l'on a posé sur une page virtuelle, lue dans le monde entier. plus amusant que de lire les fadaises écrites et publiées dans un magazine régional et hebdomadaire / presse spécialisée pour pro du btp ou juristes... voilà !