L'exposition de la Fondation Gianadda à Martigny (Suisse), à l'occasion du centenaire de la naissance de ce peintre est troublante, étonnante, elle interpelle.
Elle interpelle autant par le choix des sujets, leur représentation, que par les couleurs pastel, délavées, vues à travers un filtre, le filtre de notre conscience.
Dans Le Salon (II), réalisé en 1942, et normalement exposé au Museum of Modern Art New York, le peintre met en scène trois personnages : une jeune fille lisant un livre par terre, dans une position décidément inconfortable, un chat beige, presque blanc, qui observe le livre, et assise alanguie sur un divan, une deuxième jeune fille, le bras caressant le dos du divan, la tête rejetée en arrière, yeux parfaitement clos, dans une posture toute sensuelle et sexuelle.
La jeune fille à la jupe bleue, chemisier noir et petit boléro rouge, a les joues rouges, les jambes écartées, ou plus exactement, un pied sur le sol et l'autre relevé sur le divan. L'allusion est parfaite, bien que Balthus se soit défendu souvent de peindre de l'érotisme... "L'érotisme est dans l'oeil de celui qui regarde " a-t-il dit.
Ahmad Jamal égraine ses notes fluides et ses gestes précis sur le clavier...
Les jeunes filles de Balthus rêves de moments érotiques, nos yeux les perçoivent, le peintre lui, ne voulait saisir et restituer que "le caractère divin de la vie et du monde familier". L'amour, la sensualité, la jouissance, l'abandon, l'extase qui en résulte parfois, ne sont-ils pas justement, les parfaits moments de divinité accordé sur cette Terre ? Tout comme certains moments intenses et intemporels de la musique ? Celle d'Hamad Jamal, justement ?
S.R.
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