mardi 29 avril 2008

MON ATHOS

"Etait-ce la proximité des eaux qui me poussait à des métamorphoses ? Mon étrange nuit, les courbatures qui m'en restaient ? Ce pays sans femme portait à la féminité ! Sur l'Athos, on n'avait que trop tendance, par manque de nourriture, par dénuement, à s'avancer jusqu'à des erreurs délicieuses, et, par solitude, à trouver tout en soi ! Tel Adam au premier temps de l'Eden, Eve en lui étant une même chair, en moi-même je soupçonnais une épouse. Les caresses de mon hôte l'avaient tirée de son paisible sommeil : elle voulait vivre, voir le monde, se promener ! J'avais envie d'être une jolie fille, ne serait-ce que pendant quelques jours. Sur l'Athos, à proximité du Divin, dans un pays où deux horloges ne donnaient pas la même heure, rien ne semblait aberrant." (1)
Mon Athos je l'ai trouvé je crois, face au Mont Blanc, empêtré de neige et de glace, ce pic qui me fascine depuis tant d'années, depuis que pour la première fois, je l'ai vu, et j'ai pensé "un jour je te gravirai". Des années ont passé, combien de fois suis-je venue le voir, mon Pic Divin, ma divinité, ma part de masculinité ? Combien de fois ai-je rêvé et vécu la nuit, gravissant ses pentes, escaladant ses parois... A présent je le contemple toujours avec autant de frémissements dans le corps, il me pousse à des délires et à des envies inexplicables, à des soubressauts de mon être. Mais je sais qu'il s'éloigne de plus en plus de moi. Parfois ma masculinité afleure au plus près de ma peau... et j'aurais envie d'être un joli garçon peut être, l'espace d'un instant, l'espace d'une course, l'espace d'une vie.
(1) François Augiéras, Un voyage au Mont Athos, Les Cahiers Rouges, Grasset

dimanche 27 avril 2008

NUIT PARISIENNE

Nuit parisienne, un soir de novembre... GrandPalais, un baiser, une autre transparence, espace d'un instant, mes idées se reflétent et partent au loin.

BREUVAGES

J'abreuve tes pensées, et mes pas se nourrissent des regards que je porte alentour,

LIAISONS

Ferraille, tas de ferraille, tas de toles, de boulons, d'acier sorti des forges, jetez vos enjambées pour porter mes pas vers l'autre rive...

vendredi 25 avril 2008

Alors, la courbe ? Vous plait-elle, la courbe ? Cette virgule parfaite partant de la nuque et des épaules, qui se creuse aux reins, puis rebondie de façon sublime, sur les fesses ! Zip... ma main glisse sur ce marbe là, délicieux et lisse, et s'attarde sur toutes les courbes, sur toutes les formes de ce corps parfait... j'adore ce creux de la fesse, signe d'une musculature tendre et dure à la fois... J'adore ces courbes et contrecourbes... baroques ? Petit rêve dans une gare délaissée par les trains, et peuplée d'êtres endormis...

jeudi 24 avril 2008

STATUES IMMOBILES

Musée d'Orsay... histoire de gare à nouveau, une gare peuplée de personnages immobiles, enfermés dans leurs cadres, ou figés dans le marbre et dans le bronze. La grande horloge ne tape plus ses heures ; la nuit, mes pas résonnent sur le sol de la gare désaffectée. Un corps, une main, des fesses bombées et rondes, un sexe figé qui ne bandera plus... un homme offert à tous mes désirs, mais qui regarde une autre femme, en face, elle aussi de marbre. Ses mains me font signe, ses pieds parfaits, minces m'invitent aux caresses. J'imagine y poser la main, y poser mes lèvres.
Je tourne autour de cet homme offert, nu, phantasme sur son dos, sur ses courbes, qui ,de sa nuque et de son cou, descendent en une longue virgule, jusqu'à son cul rebondi, ferme et musclé.
Les hommes ne savent pas assez à quel point les femmes les désirent, à quel point leur corps les fait phantasmer, et ouvre à toutes les folies, à toutes les caresses...
Les hommes ne savent pas assez combien leurs mains et leurs bras, et leurs épaules appellent nos regards...
Paris-Orsay, une gare, un train qui ne partira plus, des femmes et des hommes qui ne bougeront plus, et qui ne vivent que par le regard que nous, vivants, nous posons. Qui ne vivent que lorsque nos yeux les caressent, que lorsque nos sens s'éveillent, que lorsque notre émotion se met en branle, que lorsque notre imagination les transperce. Cimetière d'un peuple endormi, la Gare d'Orsay se referme le soir, rejetant ailleurs notre soif du beau... Pourquoi pas Florence ?

mardi 22 avril 2008

VAGABONDAGES

Vagabondages sur l'eau d'une fontaine... mon verre souillé dodeline et se reflète.

lundi 21 avril 2008

SPHERE INVERSEE

Je suis fascinée par ces drôles d'objets que certains ont placé çà et là, pas du tout au hasard, mais de façon savante. Ces boules, ou plutôt, demi sphères, métalliques, reflètent toutes un aspect de la ville, " remarquable " mais que plus personne ne semble pourtant remarquer. Les passants passent - normal -, les enfants courent - normal -, il n'y a que l'illettré de cette ville, qui les remarque encore, ce jour là, moi.
Et je reste médusée, littéralement ébahie, par les reflets qu'elles renvoient, je penche la tête dans tous les sens, me met à l'envers, tourne, reviens en marche arrière, pirouette autour, fais la moue, grimace pour obtenir un cliché qui me plaît ! C'est d'ailleurs l'avantage du numérique...
La cathédrale offre ses drôles de tours à l'intérieur de cette drôle de Terre en miniature... les portes se miroitent dedans, les promeneurs polluent l'espace que je tente de fixer par mes pixels... Je peste contre ces imbéciles qui ne comprennent pas, que moi, je fais une chose sérieuse, malgré toutes mes pitreries en pleine rue ! Bref...
Enfin, elle est là, piquetée de miettes du temps, mais elle est bien là, ma photo ! Et coquetterie féminine, je me suis fait le portrait ! Pas mal, non ?
De nos jours, les admirateurs se font plus rares, du moins, je les ignore, ou les refoule quasi systématiquement, et je leur fais bien comprendre que... "il n'a rien à espérer de moi, sauf ma conversation... et l'éclat de mes yeux pour partager un café !" Fariboles... Ces admirateurs-là, ont fini par fuir, ou plutôt, découragés, ont rangé l'appareil à photos... gardant leurs plus beaux clichés, bien à l'abri de mes regards qui commencaient vraiment à trouver cela un peu lourd ! D'ailleurs, qu'est-ce qu'ils en font ?
Dommage ! J'avais fini par m'habituer à me voir en portraits et à force, je commençais à y trouver un amusement ! Grave la situation était, grave la situation a fini par devenir vraiment, et grave, je ne suis toujours pas ! Préférant prendre tout cela sur le ton de la plaisenterie, et du " bon, tout cela n'est pas sérieux ! "
Donc, grave je ne suis vraiment pas du tout du tout... et je saute, et je gambade dans la rue, dans les " espaces publics ", mais puisqu'ils sont publics. Donc, j'en profite ! Qui pourrait se targuer de danser devant une colonade du XVII e ? Qui pourrait faire quelques pas de danse en plein milieux d'un parc, encombré de quelques artifices de fête foraine ? Qui pourrait regarder, scruter des minutes durant, faire le tour et des pirouettes, et des mimiques, presque assis (e) par terre, tout cela pour admirer une fontaine, un statue, un chapiteau... J'ai vraiment décidé de ne pas être grave, car nous mettons trop de gravité en tout.
J'ai déjà maintes fois imaginé un temps, où l'on danserait en pleine ville, dans la rue... Comme Place de l'Institut, à Paris... je vous le conseille. Un bonheur, tout simplement !
J'adore les arrondis, mêlés à des verticales... sans m'en rendre compte, je reproduisais cela dans mes photos, souvent. Un ami me l'a dit...
Mais c'est une autre histoire, ou plutôt, une autre photo

dimanche 20 avril 2008

VERRES

Encore quelques gouttes de pluie... quelques larmes de rire, quelques spasmes d'amour...

TEMPS D'ATTENTE

Un temps d'attente, un soir, une fin d'après midi, 18 heures, près d'une gare, une gare ? Oui. J'aime les bars, les bistrots, les terrasses de café, les brasseries, les gares, les bibliothèques, les ports, les souks... j'aime les lieux où grouille la foule, où se mélangent les gens, les peuples, les sexes, les âges. J'aime les lieux interlopes où tout est possible, toutes les rencontres, que l'on veuille ou non, amorcer un dialogue. J'aime regarder, humer, sentir, écouter, noter, curiositer, espionner les visages, les yeux, les attitudes, les allées et venues de ces anonymes. J'aime les écrire et les décrire dans mes petits carnets qui ne me quittent jamais, et qui se partagent tous mes sacs, toutes mes vestes, toutes mes poches... avec leurs crayons noirs, ou leur stylos encre. J'aime croquer une main, un visage, un regard, un nez de profil, un homme qui dort dans un train, un enfant qui joue devant moi, une femme qui se maquille, ou écoute son i pod.
J'aime poser mon crayon gris sur mes pages blanc cassé, tourner les pages, une pour chaque personnage, chaque personnalité, ou bien, je mélange les mains, et les visages, qui s'entrecroisent ensemble, et se mélent et s'enmélent...
J'aime rester ainsi, assise dans un café, et contempler le ballet incessant des serveurs... comme ce soir là, en attendant tes yeux. 18 heures, un peu moins, je ne sais plus.
La pluie, le froid, et déjà tout est noir dehors. Je traverse la place, et je rentre là. Les serveurs s'activent, et dressent les tables. Habillés comme des parisiens, ils font sérieux : assiettes, verres, couverts d'argent. tout se met en place, les nappes sont impécables, tirées, et aplanies du plat de la main. Quelques couples sont comme moi, anachroniques, avec leur verre de Martini, ou un thè de retard.
Des verres, des transparences, je regarde la salle à travers la fluidité des verres et des bouteilles, à travers un masque déformant, et je trouve le Monde beau !
Mon regard accompagne tes rêves.

REFLETS DE BOISSONS

J'aime particulièrement les reflets des verres, et j'aime rester assise dans un café, à regarder et observer les gens... saisir des instants, des détails, des regards, des gestes, qui pour moi ont un sens. Mon appareil n'est jamais très loin, et il est mon troisième oeil. Sauf les jours où je n'ai décidément pas l'oeil curieux, l'esprit libre et attentif à toute la vie qui tourne autour de moi.

L'AUTRE RIVE


Quelque part sur l'autre rive... j'y étais, tu n'étais pas là, et puis, tu y es allé, je n'y étais plus ! Pensées photographiées...

ECLATS


Quelques pépites ramassées une fin d'après midi en bord de Méditerranée, il faisait sombre déjà, il faisait frais. Nous nous sommes arrêtés au bord de la route, car elle m'inspirait. Il fallait que je fixe cet instant, cette lumière, ces faisceaux, ces éclairs... j'aime ces effets de flou, je bouge, je marche, j'impulse du mouvement à mes photos, "elles " sont presque des films arrêtés. oui, c'est cela, des arrêts sur image... Peu importe ensuite où elles finiront. Strockées dans un ordinateur, autrefois fixées sur un petit carré transparent...elles sont là par milliers attendant le jour où elles naîtront peut être sur le papier, vues par des milliers de regards, ou bien, elles seront oubliées, sauf de moi.

ROUGE de MALTE

Juste, Rouge de Malte, pour ce porte-drapeaux....de Malte, Chapelle Royale, château de Versailles...tout simplement !

samedi 19 avril 2008

MUSIQUE DES CORPS

Non ! Pas de musique ! Non, je suis simplement posée, j'ouvre les yeux au monde, j'ouvre mes sens, j'ouvre mon corps, j'ouvre mes lèvres, tout simplement. Et je bois, je vis, j'écoute, je ris, je souris, je sens, j'attends. J'attends. Ne rien faire... savoir faire... rien, justement ! J'apprends. Demain sera une autre Roman du Temps !

DES ETOILES

Et puis je suis entrée, tout était silence, la lumière tamisée, uniforme...et puis il y eu ce jet, cette coulée vive sur le mur de l'abside, j'étais là, seule témoin à voir et prendre, quelques instants seulement. Seule en ce lieu. C'est étrange, n'est-ce pas ? Pourquoi donner ses mots, lachés au hasard du regard qui s'y portera peut être...ou peut être jamais ? Pourquoi donner ses regards sur des toiles infinies ?

FONTAINE

Fontaine...ce jour, l'eau était verte et grise, nul reflet, nulle envie, nul désir. L'eau coulait et s'évanouissait en de multiples endroits, fuyant vers sa propre destinée. Impossible de la retenir dans ma main, impossible de la palper, de la boire toute, avant qu'elle ne s'échappe de moi. Impossible de la prendre, elle fuit entre mes doigts, elle fuit et ne se laisse pas dompter. Arrêter sa course, arrêter son temps, arrêter sa fuite... cela ne sert à rien. J'ai compris aujourd'hui, que je ne peux maîtriser le sang qui coule dans mes veines, le souffle qui s'échappe de mes lèvres, les maux qui sortent de mon corps. J'ai entrevu la pierre qui s'estompe et qui se faufile à mon oeil, sous l'eau verte et grise, j'ai compris alors que cette pierre était plus importante que de vouloir retenir l'eau...Fontaine, par mes images, je nourris ton corps, comme par ta sève tu nourris mon esprit.

vendredi 18 avril 2008

PEAU CRAQUELEE

Parce que ma peau se craquelle sans tes mains qui l'abreuvent, mes lèvres se desséchent et se fendent loin de ta bouche... combien de temps encore ?

mercredi 16 avril 2008


Et dans la transparence de nos souffles,
je devine ta main
j'imagine tes yeux

Miettes du temps


Quelques miettes... en attendant tes mots